Mode responsable

Mode et luxe : vers un secteur plus responsable, plus engagé, plus éthique

La crise sanitaire a renforcé une tendance de fond observée depuis quelques années : la consommation a pris un nouveau tournant, plus responsable. De récentes études confirment cette prise de conscience des consommateurs. Ils deviennent des consom’acteurs et modifient leurs comportements d’achat. C’est aussi le cas pour le secteur de la mode et du luxe. On parle alors de mode responsable mais aussi de mode écologique, sustainable fashion ou mode éco-responsable.

Et si l’industrie de la mode et du luxe devenait durable ?

Le constat est là ! Le secteur de la mode est un parfait exemple d’une industrie à forts impacts environnementaux et sociétaux : gourmand en eau et particulièrement émetteur en CO2, travail infantile, conditions de travail, bien-être animal. Les scandales de ce secteur sont nombreux et de plus en plus fréquents : Rana Plazza, exploitation d’enfants ou de réfugiés, destruction des invendus, ferme d’élevage de crocodile, campagnes jugées racistes ou sexistes… la liste est longue.

Aujourd’hui, les consommateurs sont en quête d’une mode éco-responsable, d’une mode éthique et se sont très largement tournés vers la seconde main. Un concurrent qui se fait entendre !

Du côté des marques de luxe et de mode, les acheteurs ont une sensibilité plus forte car, alertés par des pratiques contraires à leurs valeurs, ils s’informent de manière plus approfondie et achètent des marques plus responsables et engagés.

Conscientes qu’il leur faut remettre en question leur manière de faire du business, les marques s’emparent de ces problématiques et créent des départements RSE comprenant des experts aux compétences plus pointues sur certains sujets comme le climat/carbone ou encore la diversité et l’inclusion.

La loi relative à la lutte contre le gaspillage et l’économie circulaire : un nouveau défi à relever

Aujourd’hui, une nouvelle problématique émerge et ajoute de nouvelles contraintes pour les marques. En effet, elles doivent faire face à une nouvelle réglementation stricte et salvatrice : la loi du 10 février 2020 sur l’économie circulaire. Cette loi stipule, entre autres, que la destruction des invendus sera interdite d’ici 2022. Un sacré challenge quand on sait que cette destruction se compte en plusieurs millions d’euros pour certaines marques du secteur du Luxe.

Les acteurs du Luxe et de la Mode devront donc rapidement œuvrer afin de s’adapter et se mettre en ordre de marche.

La gestion des invendus est une problématique fastidieuse qui, explique Anne Le Cam, Consultante Birdeo, doit se penser sur tout le cycle de vie d’un produit : de la conception jusqu’au recyclage. La circularité des produits apparaît donc comme une évidence.

Economie circulaire ou management de projets RSE : des expertises spécifiques à avoir

Il s’agit en effet d’une thématique relativement récente, qui ne compte qu’une poignée d’experts de l’économie circulaire. De plus, il faut distinguer les compétences nécessaires tant en amont de la fabrication du produit qu’en aval, une fois le produit commercialisé.

En amont, des compétences en éco-conception et en analyse de cycle de vie sont primordiales pour limiter les impacts environnementaux. Ces experts étudient la composition des matières premières utilisées et agissent sur le processus de fabrication pour optimiser la recyclabilité du produit.

En aval, un expert en économie circulaire ou en management de projets RSE sera compétent pour mettre en place un plan d’actions pour gérer ces produits en cas d’invendu. Nouer des partenariats avec des plateformes pour la revente des produits invendus ou des stocks dormants, développer des projets d’effilochage des pièces, upcycler les produits invendus en collaboration avec le designer, revendre les pièces… sont autant d’actions possibles pour répondre aux nouvelles exigences. Ces profils de « chef d’orchestre » doivent avoir des compétences en RSE et en ingénierie textile ainsi qu’une connaissance pointue du secteur de la Mode.

Les marques aujourd’hui n’ont plus le choix : elles doivent s’approprier le sujet et s’équiper de compétences en interne pour répondre aux exigences de la loi. Néanmoins, les problématiques liées à la recyclabilité des produits restent encore assez floues pour beaucoup de marques, ce qui rend la création de poste difficile car elles ne savent pas sous quel angle aborder le sujet.

L’idéal est de faire appel à un freelance pour diagnostiquer l’état des lieux et défricher le sujet. En effet, un freelance expert sur ces sujets pourra esquisser une stratégie précise afin de permettre par la suite à un collaborateur de la déployer en interne.

 

Le point de vue d’Anne Le Cam, Consultante en Recrutement à Impact Positif sur le secteur de la mode et du luxe responsable

Anne Le Cam Birdeo mode responsable

En charge de l’activité Mode & Luxe Responsable chez Birdeo, je suis sollicitée par les marques pour les guider dans leur approche stratégique de gestion de leurs invendus et clarifier leur besoin en termes d’expertises et de compétences. Le type de profils pertinents dépendra avant tout de la stratégie mise en place par la marque et sera propre à chacune d’entre elles en fonction des priorités qu’elle aura fixées.

Une chose est sûre, la problématique de l’économie circulaire au sein des marques est un sujet vaste et complexe. Le déploiement d’une telle stratégie requiert du temps et des compétences.

Prêtes ou non, la loi s’appliquera dès 2022 : les marques ont donc tout intérêt à prendre le sujet à bras le corps !  

Pour contacter Anne, cliquez ici.

Partager sur linkedin
LinkedIn
Partager sur twitter
Twitter
Partager sur facebook
Facebook
Retour haut de page