La finance durable en plein essor avec 54% de nouveaux postes créés en 3 ans

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La finance durable en plein essor avec 54% de nouveaux postes créés en 3 ans

154 personnes travaillaient dans le domaine de la finance durable en France début 2018. Elles étaient seulement 100 il y a 3 ans. Les 54 postes créés dans cette période représentent une progression de plus de 15% par an.

L’essor du secteur de la finance durable(1) s’explique notamment par la croissance des investissements des particuliers et des institutionnels dans les fonds ISR (Investissement Socialement Responsable). Ces placements concilient performance économique et impact social et environnemental (critères ESG : Environnementaux, Sociaux et de Gouvernance). Ceux qui y investissent veulent que leur placement ait davantage de sens. Les fonds ISR offrent une rentabilité similaire voire parfois supérieure aux produits classiques.

Pour faire face à cette croissance, les sociétés de gestion développent et renforcent leurs équipes dédiées à la finance responsable. Néanmoins elles restent encore minoritaires à le faire.

 

Une étude réalisée auprès de 637 sociétés de gestion financière

En janvier 2018, parmi ces 637 sociétés basées en France nous avons identifié 154 professionnels spécialement dédiés à la finance durable. Nous distinguons les principaux 2 métiers d’une société de gestion : l’Asset management(2) et le Private equity(3).

Nous avons identifié cinq types de postes en Asset management, ce qui représente 136 professionnels :

  • 76 Analystes junior, de 0 à 5 ans d’expérience professionnelle pour une rémunération moyenne de 50 K€.
  • 42 Analystes senior, avec 5 à 15 ans d’expérience pour une rémunération moyenne de 75 K€.
  • 11 Gérants de portefeuille, avec 5 à 15 ans d’expérience – rémunération confidentielle.
  • 4 Sales, avec 3 à 10 ans d’expérience pour une rémunération moyenne de 75 K€.
  • 3 Président investissement responsable, avec 15 à 20 ans d’expérience – rémunération confidentielle.

Nous distinguons deux types de postes en Private equity, ce qui représente 18 professionnels :

  • 12 analystes ESG / ISR, avec 3 à 7 ans d’expérience pour une rémunération annuelle moyenne de 70 K€.
  • 6 analystes seniors, avec 7 à 10 ans d’expérience pour une rémunération annuelle moyenne de 80 K€.

Les titres des postes ont été homogénéisés car ils peuvent évoluer d’une société à une autre.

Il est intéressant de remarquer que seules 11 sociétés de gestion disposent de plus de 3 ressources dédiées à l’investissement responsable. Sur ces 11 sociétés, 5 d’entre-elles possèdent plus de 8 professionnels de la finance durable. Ces sociétés disposent d’une avancée notable sur leurs concurrents.

Des perspectives très encourageantes

Cette forte croissance devrait se poursuivre. Le déséquilibre croissant entre nombre de postes proposés et nombre de profils devrait jouer en faveur des profils de l’industrie financière « classique » qui souhaitent se spécialiser en finance verte (actuellement en agences de notations extra-financières principalement), des profils des services « Private equity » des entreprises du CAC40 et surtout, de ceux des grands cabinets d’audit et de conseil (les membres du big4 : Deloitte, PwC, Ernst & Young et KPMG).

Rappelons que la France est numéro 3 mondial de la finance verte et 1ère en Europe selon l’étude HSBC : « Le comportement des entreprises et des investisseurs à l’égard de la finance durable par Zoë Knight, Directrice du Centre HSBC pour la Finance Durable », septembre 2017.

 

 

 

(1) La finance durable est le domaine de la finance qui prend en compte les critères ESG, c’est-à-dire liés à l’environnement, au social et à la gouvernance.

(2) L’asset management, ou gestion d’actifs en français, est une activité assurée par une société de gestion, qui est souvent la filiale d’une banque ou d’une compagnie d’assurance, qui consiste à créer et gérer des produits de placements.

(3) Le private equity, ou capital-investissement en français, concerne généralement l’investissement dans des sociétés non cotées en bourse (d’où son nom de capital non coté). Il se traduit par une injection de fonds dans une société et par l’entrée du fonds d’investissement au capital de sociétés qui ont besoin de capitaux propres.